
Randonnée et orage en montagne : lire les nuages, anticiper et réagir au bon moment
Personne n’aime voir la montagne basculer d’un grand ciel bleu Ă un festival de grondements et de lueurs zĂ©brĂ©es. Pourtant, ce scĂ©nario arrive plus souvent qu’on ne veut l’admettre, surtout lors de longues randonnĂ©es estivales ou sur des crĂȘtes oubliĂ©es dans les Alpes, les Vosges ou mĂȘme autour du Mont Cantal. Le randonneur averti dĂ©veloppe un instinct de mĂ©tĂ©orologue amateur : scruter les nuages, sentir le vent qui change d’avis, suivre la danse soudaine des oiseaux, voilĂ un art subtil qui peut parfois sauver la peau. Car l’orage joue toujours Ă cache-cache avec le temps en montagne, frappant parfois alors qu’on vient juste de se fĂ©liciter d’avoir choisi “le bon crĂ©neau”.
Sommaire
- RandonnĂ©e en montagne : lire les nuages et sentir lâorage arriver
- ReconnaĂźtre un orage frontal ou de chaleur
- PrĂ©venir lâorage : prĂ©parer sa rando avant mĂȘme le dĂ©part
- Les outils indispensables cÎté checklist
- Distance de lâorage : savoir calculer pour agir vite
- SĂ©curitĂ© et posture : rĂ©agir au quart de tour quand lâorage Ă©clate
- Attention spéciale pour les bivouacs et sommets
- Calculateur de distance dâorage
- Ăquipement malin et vĂȘtements adaptĂ©s : le kit anti-orage du randonneur
- Les abris naturels et les piĂšges Ă Ă©viter face Ă lâorage en montagne
- RĂ©actions dâurgence : gĂ©rer le groupe et prendre les bonnes dĂ©cisions
- Les erreurs classiques Ă Ă©viter lors dâun orage en montagne
- Anticiper le temps qui change : savoir renoncer pour mieux randonner
- Quels signes du ciel annoncent un orage en montagne ?
- Pourquoi faut-il se disperser en groupe lors de lâorage ?
- Une tente de randonnée protÚge-t-elle de la foudre ?
- Comment savoir si lâorage sâapproche ou sâĂ©loigne ?
- Quels objets faut-il Ă©loigner lors dâun orage ?
LĂ , dans le grand théùtre montagnard, la prĂ©vention devient la meilleure alliĂ©e pour ne pas finir trempĂ© jusqu’aux os, ou pire, croisĂ© par l’un de ces Ă©clairs redoutables. Les sentiers du Queyras ou les pentes du massif cantalien deviennent alors des terrains d’observation autant que d’aventure. Lire les signes du ciel, anticiper, savoir rĂ©agir avec sang-froid et rapiditĂ© : tel est le programme, entre spectacle naturel impressionnant et dĂ©fi technique, oĂč chaque dĂ©cision compte. Le randonneur connectĂ©, qu’il ait tĂ©lĂ©chargĂ© MĂ©tĂ©o Ciel ou appris Ă lire les cumulus, sait que le chemin de la sĂ©curitĂ© passe par une vigilance de tous les instants â et ce, jusque dans les abris de fortune, le bivouac ou la gestion de l’Ă©quipement.
à retenir pour éviter les galÚres orageuses en montagne :
- âïž VĂ©rifier systĂ©matiquement la mĂ©tĂ©o la veille et le matin mĂȘme d’une randonnĂ©e en altitude
- đïž Savoir identifier nuages d’orage et signes prĂ©curseurs (vent, oiseaux bas, ciel qui fonce…)
- ⥠Calculer la distance dâun orage avec la mĂ©thode Ă©clair/tonnerre (moins de 3 secondes = danger immĂ©diat !)
- đ¶ââïž Anticiper les points dâabri (refuges, cabanes, descentes accessibles) sur son itinĂ©raire
- đ« Garder 3 mĂštres de distance entre chaque personne du groupe dĂšs le dĂ©but de lâorage
- đł Ne jamais rester sous un arbre, ni dans une tente par temps dâorage
- đ” Mettre Ă lâĂ©cart bĂątons de marche, objets mĂ©talliques et appareils Ă©lectroniques
- đ„Ÿ PrivilĂ©gier petits pas, pieds joints, position accroupie sur un support isolant si aucun abri n’est possible
- đš Redescendre dâaltitude dĂšs les premiers signes menaçants
- đ§€ Emporter vĂȘtements adaptĂ©s et connaĂźtre les bons rĂ©flexes de sĂ©curitĂ©
RandonnĂ©e en montagne : lire les nuages et sentir lâorage arriver
Grimper sur un sentier alpin, câest comme entrer dans un roman dont la mĂ©tĂ©o Ă©crit le scĂ©nario Ă chaque chapitre. En montagne, le changement de temps arrive sans prĂ©venir : un ciel pur le matin peut virer au gris acier lâaprĂšs-midi. Pour le randonneur malin, la premiĂšre rĂšgle est donc de sâimproviser observateur du ciel. Certains nuages, tels que les Ă©normes cumulus bourgeonnant jusquâĂ former une enclume caractĂ©ristique, sont le signe Ă©vident quâun orage couve. Lorsquâun plafond nuageux sâĂ©paissit, que la lumiĂšre semble tout dâun coup teintĂ©e dâencre et que le vent sâinvite en rafales, lâambiance se crispe â et lâanticipation doit devenir action.
Le ciel nâest pas le seul Ă donner lâalerte : les oiseaux deviennent nerveux, volant plus bas que dâhabitude. Un bourdonnement sourd, difficile Ă localiser, transporte une atmosphĂšre Ă©lectrique, parfois presque palpable sur la peau, comme si lâair lui-mĂȘme hĂ©sitait Ă respirer. Qui nâa jamais observĂ© soudainement les fourmis se presser ou les chĂšvres redescendre instinctivement du pierrier sent que la nature, elle aussi, a appris Ă reconnaĂźtre lâappel du tonnerre bien avant nous.
Sur le terrain, lâexpĂ©rience montre que lâanticipation est une compĂ©tence qui se cultive. Les vieilles anecdotes de randonneurs dĂ©butants surpris par la grĂȘle sur le Mont Aigoual ou coincĂ©s sous une brume hostile dans le massif vosgien ne manquent pas. Apprendre Ă dĂ©chiffrer la mĂ©tĂ©o du moment, observer la courbure des nuages, savoir si ces derniers sont porteurs de menace ou simples passagers du vent â tout cela fait la diffĂ©rence entre une sortie rĂ©ussie et une journĂ©e Ă raconter Ă la bougie, trempĂ© jusquâaux os.

ReconnaĂźtre un orage frontal ou de chaleur
Deux grands types dâorages menacent les sentiers : lâorage frontal, annoncĂ© par lâarrivĂ©e visible dâun front froid compact et menaçant, et lâorage de chaleur, traĂźtre parce quâil explose sans crier gare par une belle aprĂšs-midi, prenant au piĂšge ceux qui ne surveillent pas le ciel. Le frontal est plus prĂ©visible, la mĂ©tĂ©o lâannonce gĂ©nĂ©ralement assez tĂŽt pour rĂ©organiser la journĂ©e, mais sa violence nâen est pas moins redoutable : bourrasques, pluie diluvienne, grĂȘle et coups de foudre au kilomĂštre. Lâorage de chaleur, lui, surgit comme lâinvitĂ© indĂ©sirable au barbecue aprĂšs une longue sĂ©quence de beau fixe. Dans tous les cas, le ciel offre des indices que seuls les yeux curieux savent dĂ©nicher â et lâhabitude reste la meilleure alliĂ©e pour ne jamais se faire surprendre.
PrĂ©venir lâorage : prĂ©parer sa rando avant mĂȘme le dĂ©part
Pour ne pas improviser avec sa sĂ©curitĂ©, la prĂ©paration se joue bien avant de chausser les chaussures. Un tour chez les applis mĂ©tĂ©o (MĂ©tĂ©o France, MĂ©tĂ©o Ciel, applis spĂ©cialisĂ©es) doit devenir un rĂ©flexe ; pas question de sâappuyer sur le seul hasard ou une mĂ©tĂ©o approximative Ă la radio. En 2026, un rapide coup dâĆil au radar â et mĂȘme la veille â sâavĂšre souvent prĂ©cieux pour adapter son parcours, dĂ©cider dâun dĂ©part matinal, ou carrĂ©ment remettre lâexpĂ©dition Ă plus tard. Garder aussi en mĂ©moire que les orages estivaux aiment pointer le bout de leur nez dans lâaprĂšs-midi, alors pourquoi ne pas viser un pique-nique au col pour midi⊠et la biĂšre au refuge avant 15 heures ?
Lâautre atout du randonneur aguerri : la planification dâurgence. Entre deux points GPS, repĂ©rer oĂč se cachent cabanes de berger, abris en pierre, forĂȘts de feuillus denses ou falaises protectrices, voilĂ lâastuce pour ne pas finir naĂŻvement sous un sapin solitaire. Prendre le temps de scanner son topo guide pour repĂ©rer hauts plateaux, descentes rapides et vallons sĂ»rs augmente le sentiment de maĂźtrise face Ă la montagne.
Dans la besace, vestes impermĂ©ables et vĂȘtements respirants restent des incontournables, mĂȘme si le soleil darde au dĂ©part. Les guĂȘtres sont les meilleures alliĂ©es dĂšs que lâherbe est dĂ©trempĂ©e, et une lampe frontale peut sauver lâaventure si la descente doit se transformer en marche crĂ©pusculaire (plus dâinfos sur ce guide). PrĂȘt Ă changer dâitinĂ©raire si le spectacle sâannonce Ă©lectrique ? Câest ça aussi, lâesprit montagnard.
Les outils indispensables cÎté checklist
- đ§ Carte topographique plastique et GPS avec tracĂ© dâĂ©chappatoire
- đ» Liste des abris naturels ou refuges sur lâitinĂ©raire
- đ„Ÿ Chaussures et vĂȘtements sĂ©chants rapidement
- đ BĂąche lĂ©gĂšre, duvet synthĂ©tique pour lâisolement au sol
- đ Powerbank et lampes de secours
Distance de lâorage : savoir calculer pour agir vite
Quand lâorage menace, chaque seconde entre lâĂ©clair et le grondement du tonnerre devient prĂ©cieuse. La technique est Ă la portĂ©e de tous : il suffit de compter les secondes qui sĂ©parent la lumiĂšre du bruit, puis de multiplier par 300 pour obtenir la distance en mĂštres. Exemple : 2 secondes entre lâĂ©clair et le tonnerre ? Lâorage est Ă 600 mĂštres, il est temps de courir plus vite que lâĂ©clair ou de foncer vers un abri solide ! Moins de 3 secondes, câest le signal dâalerte rouge pour toute lâĂ©quipe.
Utiliser ce calcul en chemin offre un sĂ©rieux avantage : cela permet de sâorganiser, de disperser les membres du groupe et de dĂ©cider sâil faut accĂ©lĂ©rer ou plutĂŽt sâarrĂȘter en Ă©vitant toute panique. Surtout, savoir que lâorage sâĂ©loigne (lâintervalle grandit) tranquillise et Ă©vite dâagir inutilement, ce qui reste le secret des vieilles mains sur les sentiers du blog conseil mĂ©tĂ©o.
| âČïž Secondes | đ Distance de lâorage | đ Risque | đĄ RĂ©flexe |
|---|---|---|---|
| 1-3 | 300-900 m | đš Danger immĂ©diat | Se mettre Ă lâabri sans attendre |
| 4-6 | 1200-1800 m | â ïž Approche forte | PrĂ©parer lâabri, disperser le groupe |
| 7-10 | 2100-3000 m | đ Alerte modĂ©rĂ©e | Restez vigilants, surveillez le ciel |
| 11+ | 3300 m et + | â Faible risque | Poursuivre en restant prudents |
Ce tableau donne des repĂšres : Ă chaque montĂ©e du son, lâaction suit la cadence. Anticiper lâĂ©volution Ă©vite dâavoir Ă improviser au mauvais moment, un luxe rarement permis sur une crĂȘte exposĂ©e.
SĂ©curitĂ© et posture : rĂ©agir au quart de tour quand lâorage Ă©clate
Si lâorage vous prend au piĂšge sans abri Ă lâhorizon, la tactique est simple : limiter au maximum les risques de foudroiement. Pas question de se transformer en paratonnerre sur deux pattes ! DĂšs les premiers grĂ©sillements, on Ă©loigne tout objet mĂ©tallique â bĂątons, piolets, mĂȘme le tĂ©lĂ©phone si on rĂȘve dâune barre de rĂ©seau salvatrice. Le groupe, lui, sâĂ©carte prudemment, chacun se positionne Ă au moins trois mĂštres pour ne pas rĂ©pĂ©ter la scĂšne du popcorn grillĂ© Ă lâapĂ©ro.
CĂŽtĂ© posture, le must reste la position accroupie, pieds joints sur un matĂ©riau isolant : duvet, sac Ă dos, bĂąche, matelas font des isolants de fortune. Ne jamais sâĂ©tendre ou marcher Ă grandes enjambĂ©es, la « tension de pas » peut faire voyager la foudre par le sol dâun pied Ă lâautre â sensation garantie trĂšs dĂ©sagrĂ©able. Si aucun isolant nâest dispo, le sol reste la seule option mais toujours accroupi, pieds serrĂ©s, corps groupĂ© façon hĂ©risson peureux. Original, mais efficace !
Ne jamais foncer sous un arbre, ni mĂȘme dans une tente, dâailleurs. Le pire ennemi ? Le sapin isolĂ©, qui fait office de cible parfaite pour une dĂ©charge venue du ciel. Lâabri en pierre solide â cabane, chapelle, bergerie â remporte la palme des lieux refuge, Ă condition de ne pas toucher murs ou piliers.
Attention spéciale pour les bivouacs et sommets
Lorsque lâorage sâinvite la nuit, tente et bivouac sont bannis sans Ă©quivoque. Il faut dĂ©placer le matĂ©riel mĂ©tallique, poser le matelas loin de tout arceau, et patienter jusquâĂ la fin du festival lumineux. Sur une arĂȘte, la descente prĂ©cipitĂ©e sâimpose, mĂȘme si cela signifie mouiller le tee-shirt avant la biĂšre bien mĂ©ritĂ©e.
Calculateur de distance dâorage
Principe :
Comptez le nombre de secondes entre lâĂ©clair et le tonnerre lors de votre randonnĂ©e.
Indiquez ce nombre ci-dessous ; la distance Ă lâorage sâaffichera automatiquement.
Conseil : si la distance est inférieure à 3 000 mÚtres, redoublez de vigilance !
Méthode : Distance (en mÚtres) = Nombre de secondes à 300.
Cet outil ne stocke aucune donnée. Utilisation libre.
Ăquipement malin et vĂȘtements adaptĂ©s : le kit anti-orage du randonneur
Dans lâart de la prĂ©vention lors dâune randonnĂ©e en montagne, le choix de chaque accessoire compte. Certains pensent que la tenue ne sert quâĂ affronter la pluie ; en vĂ©ritĂ©, lorsque lâorage frappe, le moindre dĂ©tail peut influencer la suite de lâaventure ! Rien ne vaut une bonne veste impermĂ©able et respirante, accompagnĂ©e dâun surpantalon qui sĂšche vite. Les gants isolants protĂšgent les mains du froid piqueur qui suit la rincĂ©e, et des guĂȘtres empĂȘchent les torrents de ruisseler direct dans les chaussures.
LâĂ©quipement doit ĂȘtre pensĂ© aussi pour lâimprĂ©vu. Un sac Ă dos garni dâune bĂąche lĂ©gĂšre devient vite un abri acceptable, tandis que les lampes frontales (toujours plus pratiques que le flash du smartphone et prĂ©sentĂ©es dans ce comparatif) rendent service lorsque la tempĂȘte retarde la descente. Tout ce qui brille ou conduit (bĂątons, mousquetons, cordes trempĂ©es) finit Ă 5 mĂštres minimum du spot de replis !
Le principe de lâoignon continue de faire ses preuves : plusieurs couches fines valent mieux quâun gros pull. Les textiles techniques modernes sĂšchent en un clin dâĆil, limitant lâhypothermie qui guette souvent aprĂšs lâaverse. Les dĂ©tails rĂ©flĂ©chissants sur le sac Ă dos ou la veste permettent, en prime, aux sauveteurs de retrouver la troupe en cas dâalerte sĂ©rieuse.
- đ§„ Veste de pluie respirante
- đ Surpantalon impermĂ©able
- đ§€ Gants de trekking
- đ§Š Chaussettes sĂšches de rechange
- đĄ Lampe frontale et batteries
- đ BĂąche ou matelas isolant
Enfin, petite prĂ©cision rassurante pour les maniaques : les fermetures ou boutons mĂ©talliques des vĂȘtements ne posent pas de souci particulier tant quâon nâest pas collĂ© Ă une paroi exposĂ©e.
Les abris naturels et les piĂšges Ă Ă©viter face Ă lâorage en montagne
Trouver un abri lorsque le tonnerre dĂ©marre sa symphonie relĂšve parfois de la chasse au trĂ©sor. Les refuges Ă©quipĂ©s de paratonnerre sont les meilleurs alliĂ©s, mais tous ne sont pas toujours sur la carte ni sur le chemin ! Le deuxiĂšme choix se porte sur les cabanes en pierre, anciennes chapelles ou bergeries, en prenant soin dâĂ©viter tout contact avec la structure si elle nâest pas protĂ©gĂ©e. Les grottes profondes offrent Ă©galement une sĂ©curitĂ© relative, idĂ©alement en restant Ă plus de deux mĂštres des parois et du plafond pour limiter les risques dâĂ©lectrocution indirecte.
Pas de refuge ? Dans la nature, la densitĂ© de la forĂȘt de feuillus offre plus de protection quâune clairiĂšre ouverte. Mais lĂ aussi, on Ă©vite les majestueux solitaires : un groupe dâarbres jeunes et souples, bien serrĂ©s, sera toujours prĂ©fĂ©rĂ© Ă ce hĂȘtre isolĂ©, promu antenne relais pour Ă©clairs. En terrain totalement dĂ©gagĂ©, la seule issue est la position accroupie, isolant sous les pieds, groupe dispersĂ©, et tout objet mĂ©tallique loin du campement.
Sur un plateau vaste type dĂ©sert de lapiaz, comme autour du Mont Blanc (voir ce guide), la vigilance doit ĂȘtre maximale : la foudre aime ces surfaces conductrices et sans relief.
- đïž Refuges (si possible, paratonnerre)
- đïž Grottes profondes (attention Ă lâhumiditĂ© !)
- đČ ForĂȘt dense, groupe dâarbres jeunes
- đ· Jamais sous un arbre ou dans une tente
RĂ©actions dâurgence : gĂ©rer le groupe et prendre les bonnes dĂ©cisions
Un orage en randonnĂ©e crĂ©e souvent une atmosphĂšre tendue : lâadrĂ©naline, la peur, lâinstinct de survie jouent des coudes. La gestion du groupe devient alors capitale. DĂšs que le danger se prĂ©cise, chaque membre doit sâĂ©carter (3 mĂštres minimum), une rĂšgle souvent rĂ©pĂ©tĂ©e, mais encore trop peu appliquĂ©e sur le terrain. Un coup de foudre peut frapper lâun et ensuite “rebondir” vers ses compagnons si le groupe est trop compact.
Impossible dâaller plus vite que la foudre, mais organiser le repli, Ă©clater les responsabilitĂ©s (un Ćil sur la mĂ©tĂ©o, un sur la carte, un pour dĂ©nicher lâabri), tout cela rĂ©duit la panique. Garder lâhumour mĂȘme sous la pluie, câest aussi ça, lâesprit montagne ! Un leader Ă lâaise, sĂ»r de ses dĂ©cisions, Ă©vite la dĂ©bandade et ancre le groupe dans une forme de routine de sĂ©curitĂ©. Les enfants, les moins sportifs ou les anxieux doivent ĂȘtre placĂ©s en prioritĂ© sous lâabri, et chacun doit connaĂźtre le plan dâaction si la mĂ©tĂ©o bascule.
Anticiper, câest non seulement surveiller le ciel, mais aussi se mĂ©nager des pauses-cueillette dâinfos mĂ©tĂ©o ou tracker GPS tout le long de la balade. GrĂące Ă cela, on Ă©vite les situations absurdes comme croiser lâorage sur une crĂȘte du Hohwald dans les Vosges ou sur la voie normale dâune grande ascension. Une randonnĂ©e rĂ©ussie, câest toujours celle oĂč chacun arrive sec⊠ou trempĂ© mais vivant !
Les erreurs classiques Ă Ă©viter lors dâun orage en montagne
Le catalogue des erreurs « collector » commises par les randonneurs face Ă lâorage est malheureusement Ă©pais ! Ă commencer par cette vieille habitude de courir se rĂ©fugier sous lâarbre le plus proche, qui multiplie par 50 le risque dâĂȘtre foudroyĂ©. Autre classique : sâimaginer en sĂ©curitĂ© sous la tente, alors que les arceaux mĂ©talliques deviennent des relais pour lâĂ©lectricitĂ© du ciel. Vient ensuite la tendance Ă rester groupĂ©, fatal entre amis ou en familleâŠ
Nombreux sont aussi ceux qui oublient dâĂ©loigner bĂątons de marche et piolets, voire de vider leurs poches dâobjets conducteurs. Laisser ses chaussures sur un rocher ou courir Ă longues foulĂ©es pour fuir expose Ă la fameuse tension de pas. Et puis, il y a ceux qui persistent Ă consulter le tĂ©lĂ©phone en levant le bras, tentant dĂ©sespĂ©rĂ©ment de capter une barre de rĂ©seau pour rassurer la famille, transformant leur appareil en antenne improvisĂ©e. Ăviter ces piĂšges, câest prĂ©server lâaventure et sa santĂ©.
- đš Se serrer sous un arbre
- âș Croire sa tente invincible
- đ„ą Garder bĂątons de marche en main
- đ± Lever le tĂ©lĂ©phone face au ciel
- đ¶ââïž Faire de grandes enjambĂ©es au sol dĂ©trempĂ©
Lâesprit de montagne, câest aussi apprendre de ces erreurs pour transmettre des rĂ©flexes sĂ»rs Ă la gĂ©nĂ©ration suivante.

Anticiper le temps qui change : savoir renoncer pour mieux randonner
La sagesse du montagnard rĂ©side dans lâart de renoncer quand la mĂ©tĂ©o flaire le chaos. Inutile de jouer au hĂ©ros en pensant battre la tempĂȘte. Parfois, il vaut mieux savourer la galette au refuge ou rĂ©orienter son parcours vers un dĂ©nivelĂ© plus sage. Randonner, câest aussi accepter la rĂšgle dâor : la montagne sera toujours lĂ demain !
Nombre dâhistoires se terminent bien parce que le choix a Ă©tĂ© fait dâĂ©courter la sortie, de changer de programme ou mĂȘme de sâimposer une sieste attendue, le temps que la foudre termine son show. Un randonneur qui persiste Ă monter sous des nuages sombres ou sur une crĂȘte battue par les vents se met inutilement en danger â et expose aussi les secours Ă venir le chercher.
En 2026, randonner câest aussi une affaire de respect : pour lâenvironnement, pour son groupe, pour la montagne qui dicte toujours ses lois. Ceux qui lâappliquent reviennent raconter leurs pĂ©ripĂ©ties autour dâune boisson chaude, plutĂŽt quâun mauvais souvenir sur les rĂ©seaux dâalerte.
Quels signes du ciel annoncent un orage en montagne ?
Savoir repĂ©rer un ciel qui sâassombrit rapidement, des nuages en enclume, un vent soudain, des oiseaux volant bas ou encore entendre un grondement sourd sont des signes fiables dâun orage imminent en montagne.
Pourquoi faut-il se disperser en groupe lors de lâorage ?
Si la foudre frappe, elle peut toucher plusieurs personnes proches. SâĂ©carter dâau moins 3 mĂštres rĂ©duit ce risque et limite les blessures en cas de coup indirect.
Une tente de randonnée protÚge-t-elle de la foudre ?
Non, une tente de randonnĂ©e nâest pas une cage de Faraday et ses arceaux mĂ©talliques peuvent au contraire attirer la foudre. Il vaut mieux sortir immĂ©diatement et sâĂ©loigner de tout objet conducteur.
Comment savoir si lâorage sâapproche ou sâĂ©loigne ?
Il suffit de mesurer le temps entre un Ă©clair et le tonnerre : si cet intervalle diminue, lâorage sâapproche ; sâil augmente, il sâĂ©loigne. Multipliez le nombre de secondes par 300 pour la distance en mĂštres.
Quels objets faut-il Ă©loigner lors dâun orage ?
Tout ce qui est mĂ©tallique ou conducteur : bĂątons de marche, mousquetons, tĂ©lĂ©phones, piolets, arceaux de tente, et mĂȘme des sacs Ă dos Ă armature mĂ©tallique doivent ĂȘtre posĂ©s Ă 5 mĂštres de distance minimum.






